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Valse, pas de deux et effet d'annonce

François Hollande et le gouvernement nous prendraient ils pour des lapins de trois semaines ? Les arguments du président de la République sont falacieux. La fracturation hydraulique n'est pas la seule cause d'impact dans l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures sur la santé publique, l'économie locale et rurale, l'environnement et le climat mondial. Les arguments du chef de l’Etat n’ont qu’un objectif : cherchez à désamorcer la mobilisation contre la quête folle de nouveaux gisements de notre poison quotidien.

Les collectifs restent et resterons toujours opposés à toutes exploration et exploitation de nouveaux gisements, conventionnels ou non, et quelque soit la forme de stimulation que les industriels utiliseront, fracturation ou pas ; tout comme ils resteront opposés aux forages off-shore profonds et ultra profonds comme celui que François Hollande a autorisé en Guyane. La ficelle est grosse et usée ! Nous sommes rodés à ces tentatives de démobilisation du mouvement populaire.

La Valse à mille temps…

Au premier temps de la valse : le 4 octobre 2011, N. Sarkozy disait, lors de son discours d'Alès : « Les trois permis de recherche de gaz de schiste qui concernaient votre région, seront donc abrogés » (permis de Nant, de Villeneuve de Berg et de Montélimar).

Au deuxième temps de la valse : le 6 avril 2012, le même, dans son discours de Caen, disait : « (…) je n'accepterai pas de forages pétroliers en méditerranée » (rejet de la demande de renouvellement du permis Rhône Maritime).

Au troisième temps de la valse : le 14 septembre 2012, F. Hollande, dans son discours d'ouverture de la Conférence Environnementale, déclare : « j'ai demandé à Delphine Batho (…) de prononcer (…) le rejet des sept demandes de permis déposées auprès de l'état.»

Dans les trois discours, il s’agissait de contrer la mobilisation : celle du 23 octobre 2011 à Barjac, celle du 8 avril à la Seyne sur Mer, et la prochaine le 22 septembre à Saint-Christol lez Ales, celle-ci ayant cette fois une portée internationale.

Notons au passage la subtilité de langage "des sept demandes" qui permet de faire croire que seules ces demandes concernent les gaz et/ou pétroles de schiste ; alors qu’à minima, 46 demandes de permis sur plus de cent, concernent des gisements non conventionnels. Ce sont les documents de l’administration qui le démontrent - ici (annexe 3, page 140) ! Le gouvernement, à moins qu'il n'en sache rien lui-même n'a de cesse de désinformer sur le sujet et de noyer le poisson ! Et c’est sans compter les permis de recherche déjà accordés et les concessions en cours.

Une valse à mille temps (…) De patienter vingt ans…

Les collectifs sont rodés à cette danse. Notre travail consiste d’abord à comprendre et à informer nos concitoyens. Malgré les tentatives au plus haut sommet de l’Etat d’endiguer la mobilisation, nous ne nous lasserons pas, nous ne nous découragerons pas. Nous continuerons ce patient et quotidien travail d'information et de mobilisation, même si cela doit durer vingt ans. Et même si le pas de deux continue !

En même temps qu’une campagne médiatique débridée, orchestrée par les industriels et les syndicats, mise en musique par le gouvernement, que nous promettent les nouvelles déclarations redondantes de nos dirigeants ? On trouve la réponse dans la déclaration d’Arnaud Montebourg le 14 septembre : « Cependant, cela n'interdit pas d'examiner la possibilité de techniques qui permettraient d'extraire les gaz de schiste sans nuire à l'environnement. Nous préférons amener ceux qui ont eu l'idée de forer à 3 000 mètres le sous-sol (à) chercher des technologies propres, et il s'agit d'observer ce qui se passe ailleurs, de connaître notre sous-sol, ces éléments-là font partie de la réflexion du gouvernement. » (afp, 14 septembre 2012)

De quoi s’agit-il ? De forages expérimentaux adoubés par la commission Théodule instaurée par la loi du 13 juillet 2011 ? Des aides financières aux pétroliers pour chercher des techniques propres et « socialement acceptable » ?

Nous ne danserons pas avec gouvernement et industriels, ils nous marchent sur les pieds

Monsieur Hollande et consorts tentent désespérément de nous emmener dans un faux débat, celui de la technique, et dans le mauvais lieu, la France, alors que le vrai débat est bien plus vaste. Il est global. Il concerne le climat et le social. Les collectifs resteront actifs et les élus locaux mobilisés pour contrer l’appétit vorace des industriels et dire non aux hydrocarbures mortifères et oui à une transition énergétique maintenant.

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